Qu’est-ce que la
violence Domestique ?
La violence domestique, parfois appelée violence conjugale ou intrafamiliale, désigne tout acte de violence physique, psychologique, sexuelle, économique ou sociale commis au sein du foyer ou dans une relation intime. Elle ne se limite pas aux couples mariés : elle peut survenir entre partenaires non mariés, au sein d’une famille élargie, et même dans des unions informelles.
Les différentes formes
de violence domestique
Violence physique
C’est la plus visible et la plus connue. Elle inclut les coups, gifles, strangulations, brûlures, ou toute atteinte au corps.
Exemple : une femme frappée par son conjoint parce qu’elle a contesté une décision domestique.
Violence psychologique
Invisible mais dévastatrice, elle consiste à humilier, menacer, insulter, rabaisser ou isoler la victime de ses proches.
Exemple : un partenaire qui interdit à sa compagne de voir ses amis ou qui la traite constamment d’« inutile » ou de « folle ».
Violence sexuelle
Elle comprend les viols conjugaux, les attouchements forcés, ou toute contrainte à des pratiques sexuelles non désirées.
Exemple : une épouse obligée d’avoir des rapports sous la menace ou le chantage.
Violence économique
C’est le contrôle des ressources financières pour maintenir la victime dans la dépendance.
Exemple : un mari qui confisque le salaire de sa femme ou refuse de lui donner de l’argent pour les besoins de base du foyer.
Violence sociale
Elle se manifeste par l’isolement : interdire à la victime de travailler, d’étudier, ou de participer à la vie communautaire.
Exemple : empêcher une femme d’aller voter ou de rejoindre une association locale.
Un phénomène mondial,
mais aussi local
Selon l’OMS (2021), près d’une femme sur trois dans le monde a subi des violences physiques ou sexuelles de la part d’un partenaire intime au cours de sa vie.
En Afrique subsaharienne, la situation est particulièrement préoccupante. Au Cameroun, par exemple, une enquête du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF, 2018) révèle que plus de 55 % des femmes mariées ou en union ont déjà subi une forme de violence domestique, qu’elle soit physique, psychologique ou économique.
Les conséquences
sur les victimes
La violence domestique ne détruit pas seulement les corps, mais aussi les esprits et les parcours de vie :
Sur la santé physique : blessures, handicaps, fausses couches, maladies chroniques.
Sur la santé mentale : dépression, anxiété, troubles du sommeil, idées suicidaires.
Sur la société : perte de productivité, déscolarisation des enfants exposés, reproduction du cycle de violence.
Un enfant qui grandit dans un foyer violent est plus susceptible, à l’âge adulte, de devenir victime ou agresseur à son tour.
Comment réagir et
où trouver de l’aide ?
Briser le silence est le premier pas.
Parler à une personne de confiance, une amie, un parent ou un voisin.
Contacter une organisation comme NPOWA, qui offre écoute, accompagnement psychologique, soutien juridique et refuges sécurisés.
Appeler les lignes d’urgence locales : par exemple, au Cameroun, le numéro 118 (et 8020 numéro vert de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles).
Chercher un accompagnement juridique pour connaître ses droits et entamer des démarches de protection.
Pourquoi en parler ?
Parce que la violence domestique n’est pas une affaire privée, mais un problème de société. Parce qu’aucune femme, aucun enfant, aucun homme ne devrait vivre dans la peur à l’intérieur de son propre foyer. Parce que le silence protège toujours l’agresseur, jamais la victime.
La violence domestique est une réalité douloureuse mais pas une fatalité. Chaque voix qui s’élève, chaque geste de solidarité et chaque action menée contribue à sauver des vies. En parler, c’est déjà commencer à la combattre.