Le Guide d’une guerrière

Construisons ensemble un avenir plus sûr pour les femmes.

Je m’appelle Amina, et si je décide aujourd’hui d’écrire ces mots, c’est parce que je sais ce que c’est que de vivre dans l’ombre, sous la peur et les coups. Pendant des années, je suis restée prisonnière d’un mari violent. Il me rabaissait, me frappait, me contrôlait, et je croyais que je ne pouvais rien faire, parce que je dépendais entièrement de lui financièrement.

Un jour, j’ai décidé que ça suffisait. J’ai eu peur, oui. Mais j’ai eu encore plus peur de ne jamais revoir la lumière. Alors j’ai cherché de l’aide, j’ai parlé, et petit à petit, j’ai reconstruit ma vie. Aujourd’hui, je suis debout, épanouie, indépendante. Je suis une guerrière.

Et si tu lis ces lignes, sache une chose : toi aussi, tu peux l’être. Ce guide est pour toi.

1. Reconnais que ce que tu vis est de la violence

Les excuses, les promesses après les coups, les humiliations en public ou en privé : ce ne sont pas des “preuves d’amour”, ce n’est pas normal. La première étape pour se libérer, c’est de mettre un mot dessus : c’est de la violence.

2. Brise le silence

La peur nous enferme, mais la parole libère. Parle à une amie, une sœur, une voisine, une association comme NPOWA. Même si tu n’as pas de solution immédiate, dire ce que tu vis est déjà un acte de courage.

3. Commence à bâtir ton indépendance

Moi, je pensais que je ne pouvais pas partir parce que je n’avais rien. J’ai commencé petit : apprendre une compétence, mettre de côté chaque pièce que je pouvais, chercher du travail même modeste. Ton indépendance est ton arme.

4. Protège-toi et prépare ton plan de sortie

  • Garde toujours les numéros d’urgence à portée de main.
  • Cache quelques affaires importantes (pièces d’identité, argent, contacts).
  • Identifie un lieu sûr où tu peux aller en cas de danger.

Le jour où j’ai fui, j’avais préparé un petit sac en secret : c’est ce qui m’a sauvée.

5. Entoure-toi des bonnes personnes

Il y aura toujours des voix qui te diront : « supporte », « reste pour les enfants », « c’est ton devoir d’épouse ». N’écoute pas celles-là. Choisis de t’entourer de personnes qui te soutiennent, qui t’élèvent et qui croient en toi.

6. Reconstruis-toi avec patience

La liberté n’efface pas tout d’un coup. Il y aura des cicatrices, des souvenirs douloureux, des jours où tu douteras. Mais chaque jour où tu respires sans peur est une victoire. Cherche du soutien psychologique, prie, médite, écris, danse… trouve ce qui te redonne vie.

7. Inspire et tends la main

Aujourd’hui, je parle parce que d’autres femmes m’ont inspirée. Et toi aussi, un jour, tu pourras inspirer quelqu’un. Ce cycle de sororité sauve des vies.

Tu n’es pas seule

Être une guerrière, ce n’est pas ne jamais avoir peur. C’est avancer malgré la peur.

Si j’ai pu sortir de l’emprise, toi aussi tu peux le faire. N’aie pas honte, n’aie pas peur. Tu n’es pas coupable, tu es une femme digne, forte, capable.

Et rappelle-toi toujours : ton histoire ne s’arrête pas à la violence. Elle commence après.